Notes de terrain — Yukon
Sign Post Forest
À Watson Lake, au Yukon, le panneau unique d'un soldat nostalgique en 1942 est devenu une forêt qu'on estime à plus de 100 000 panneaux venus du monde entier.
La réponse courte
La Sign Post Forest est une collection extérieure de panneaux le long de la route de l'Alaska, à Watson Lake, au Yukon. Elle a commencé en 1942, quand le soldat américain nostalgique Carl K. Lindley a ajouté un panneau de Danville, en Illinois, à un poteau indicateur réparé. On estime aujourd'hui la collection à plus de 100 000 panneaux, et les voyageurs s'arrêtent pour flâner entre les poteaux et, s'ils le souhaitent, ajouter un panneau bien à eux.
Il y a une forêt au Yukon qui n’est pas faite d’arbres.
À Watson Lake, le long de la route de l’Alaska, les épinettes cèdent la place à quelque chose de plus étrange : rangée après rangée de grands poteaux de bois, chacun couvert de haut en bas de panneaux. Panneaux de villes, plaques de rue, plaques d’immatriculation, planches peintes à la main venues de tous les coins de la planète — près d’un hectare de joyeux désordre pur, qui pointe dans toutes les directions à la fois.
On estime aujourd’hui la collection à plus de 100 000 panneaux, et personne ne peut vous donner le nombre exact, parce qu’elle grandit chaque été. Tout a commencé avec un soldat à qui sa maison manquait.
Un soldat nostalgique, en 1942
En 1942, l’armée des États-Unis traçait la route de l’Alaska à travers la nature sauvage du Nord — une route d’approvisionnement en temps de guerre, de Dawson Creek, en Colombie-Britannique, jusqu’en Alaska, construite à une vitesse étonnante à travers bois, muskeg et montagnes. Parmi les milliers de soldats au travail se trouvait le soldat Carl K. Lindley, de la compagnie D du 341e régiment du génie, originaire de Danville, en Illinois.
Lindley a été blessé en travaillant sur la route et envoyé au poste de secours de Watson Lake pour récupérer. Affecté à des tâches légères, il a reçu l’ordre de réparer et de repeindre un poteau indicateur qu’un bulldozer avait malmené. Il a réparé le poteau. Et puis, étant à peu près aussi loin de l’Illinois qu’un jeune homme pouvait l’être, il a ajouté une petite planche bien à lui :
Danville, Ill. — 2 835 milles.
C’est peut-être l’acte de nostalgie le plus lourd de conséquences de l’histoire routière canadienne.
L’idée qui n’a jamais cessé de grandir
D’autres soldats ont vu le panneau de Lindley et l’ont compris instantanément. Ils ont ajouté leurs propres villes. Puis les équipes de la route ont fait de même. Puis la route s’est ouverte au public, et les voyageurs roulant vers le nord ont commencé à arriver avec leurs propres panneaux — planches de villes, plaques de noms de familles, plaques d’immatriculation, et à l’occasion une plaque de rue à la provenance mystérieuse.
La ville de Watson Lake a pris la forêt sous son aile, entretenant les poteaux et en ajoutant de nouveaux à mesure que la collection débordait. Parcourez-la aujourd’hui et vous trouverez des panneaux de chaque province et territoire du Canada, de chaque État américain, et de pays du monde entier — on dit qu’un panneau d’autoroute allemand compte parmi les résidents — chacun laissé par quelqu’un qui s’est tenu à cet endroit précis du Nord en pensant à un autre endroit qu’il aimait.
C’est, quand on prend le temps d’y penser, un monument bâti entièrement de lieux qui nous manquent.
Vous pouvez toujours ajouter le vôtre
Voici le meilleur : la forêt n’est pas terminée, et elle n’est pas censée l’être. Les visiteurs sont toujours les bienvenus pour ajouter un panneau bien à eux, et beaucoup le font — certains planifient tout leur voyage sur la route de l’Alaska autour de la planche qui roule à l’arrière du camion. Le centre d’information touristique, juste à côté de la forêt, peut vous aider à en fabriquer un sur place.
Il y a des monuments plus grandioses dans ce pays, de plus anciens, et certainement de plus ordonnés. Mais il n’existe peut-être aucun autre endroit au Canada où l’exposition, ce sont les visiteurs — plus de quatre-vingts ans de voyageurs, chacun laissant une petite phrase de bois qui dit la même chose :
Je suis passé ici, et la maison est par là.
Un homme a pointé vers sa maison. Cent mille voyageurs ont pointé en retour.
Ça vaut le détour
Tenez-vous au milieu de la Sign Post Forest au cœur d’une soirée d’été au Yukon, quand la lumière devient dorée et refuse tout simplement de finir, et lisez les panneaux. Paris. Perth. Une centaine de petites villes dont vous n’avez jamais entendu parler, et quelques-unes que vous connaissez. C’est le monde entier des voyageurs, cloué à des poteaux dans une petite ville du Nord — commencé par un jeune nostalgique avec un pinceau, et toujours grandissant, une ville natale à la fois.
Apportez un panneau. Il y a de la place.
Questions fréquentes
Où se trouve la Sign Post Forest?
Elle se dresse juste sur la route de l'Alaska, à Watson Lake, au Yukon. L'article la décrit comme un site extérieur gratuit qu'il vaut mieux parcourir lentement, à pied.
Comment la Sign Post Forest a-t-elle commencé?
En 1942, le soldat américain blessé Carl K. Lindley a reçu des tâches légères : réparer un poteau indicateur à Watson Lake. Il y a ajouté son propre panneau pour Danville, en Illinois, indiqué à 2 835 milles de là.
Combien de panneaux compte la forêt?
On estime aujourd'hui la collection à plus de 100 000 panneaux, mais il n'existe pas de compte exact, parce qu'elle grandit chaque été. Les panneaux comprennent des panneaux de villes, des plaques de rue, des plaques d'immatriculation et des planches peintes à la main venues du monde entier.
Les voyageurs peuvent-ils ajouter leur propre panneau?
Oui. Les visiteurs peuvent apporter une planche de chez eux ou en fabriquer une au centre d'information touristique, juste à côté de la forêt, et la ville entretient les poteaux à mesure que la collection grandit.
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